Le Centre de soins de Kélonia

science-savoir

Kélonia dispose d’installations spécifiques pour l’accueil des tortues blessées ou malades. Les tortues sont mises en quarantaine ou isolées dans des bassins de 2 ou 10 m3 pour y être soignées sous contrôle vétérinaire, avant d’être relâchées dans leur milieu naturel.


ARCHIVES 2006-2011 :


Naissances de tortues à Kélonia - novembre 2011

Alors que les activités nautiques se développent à La Réunion, chacun doit prendre conscience que la préservation des tortues marines est l'affaire de tous.

Lundi 22 novembre 2011, 57 bébés tortues ont émergé sur la plage artificielle de Kélonia.
Ces tortues, proviennent du nid n°2 pondu en aout sur une plage de Saint-Leu par la tortue verte (Chelonia mydas) baptisée Gaby par l'équipe de Kélonia.

Ce nid, menacé par les fortes houles de début septembre avait été déplacé sur la plage artificielle de Kélonia. Ce qui a permis de sauver les bébés. En effet le premier nid (N°1) pondu par Gaby plus haut sur la plage, n'a pas donné naissance à des tortues, car il a lui aussi été inondé par les fortes houles de septembre.

Les bébés tortues ont été mesurées, pesées et photo-identifiées. Cette photo-identification qui utilise l'écaillure des profils droit et gauche de la tête permettra de reconnaitre ces tortues qui survivront et reviendront dans les eaux réunionnaises. Ce sera dans 4 à 6 ans au plus tôt pour celles qui viendront se nourrir sur les récifs, dans 20 ans ou plus pour celles qui viendront pour se reproduire.

 Les petites tortues ont été remises sur la plage où elles auraient du naître, mardi 23 novembre à 6h00 (heure des émergences), à l'exception des plus fragiles (cicatrice ombilicale mal refermées, déformation de la carapace). Durant leur course sur la plage, elles se sont imprégnées des odeurs et d'autres paramètres physico-chimiques qui leur permettront de retrouver cette plage lorsqu'elles auront atteint leur maturité sexuelle dans environ 20 ans.

Pendant les premiers jours, elles utiliserons les réserves vitellines encore disponibles pour nager frénétiquement et s'éloigner le plus possible de l'île et des prédateurs plus nombreux sur le littoral qu'au large. Elles parcourront ainsi plusieurs dizaines de kilomètres avant de se reposer, dériver avec les courants et commencer à se nourrir de plancton.

La population reproductrice de la Réunion ou des Mascareignes: une population résiduelle extrêmement menacée. La Réunion, comme l'ensemble des Mascareignes, était un site de ponte extrèmement important avant l'arrivée des premiers colons.

Les témoignages des premiers navigateurs attestent que les tortues se reproduisaient en nombre sur l'ensemble des plages de l'île. Aprés 3 siècles d'occupation humaine, les tortues ont pratiquement disparu des plages de l'île. La faute à la surpêche, à la prédation des nids par les rats, chiens et cochons, et à l'urbanisation du littoral.

Depuis 2004, 5 ans aprés la première opération de restauration des plages de ponte menée par Kélonia sur Saint-Leu, les pontes sont à nouveau observées. 85% de ces pontes ont lieu sur ou à proximité des plages restaurées à Saint-Leu. Preuve que les mesures de conservation peuvent être efficaces, même sur un territoire restreint comme le littoral réunionnais.

 

Cependant avec en moyenne 1 femelle par an (moyenne observée depuis 2004) la population reproductrice de La Réunion est extrêmement faible et donc extrêmement vulnérable. La situation est encore plus critique dans les autres îles des Mascareignes, qui n'ont pas encore démarré de programme de restauration des plages de ponte.


Kaena, une tortue accidentée - juin 2011

Samedi matin, le maitre nageur de Boucan Canot découvre dans le lagon une jeune tortue verte immobile. Lorsqu'il s'approche de l'animal, celui-ci est inanimé. Prévenu par téléphone les soigneurs de Kélonia sont venus sur place et constate le décès de la tortue qui ne présente pourtant aucune blessure externe. Une autopsie est aussitot réalisée sur Kélonia pour connaitre les causes de la mort de la tortue, et une recherche lancée dans la base de données de photo-identification pour savoir si la tortue a déja été observée. Il s'agit de Kaena, une jeune tortue verte tortue déja photographiée au Cap la Houssaye en janv 2010 par un apnéiste qui la parrainée.

L'autopsie met en évidence un important hématome sur le flanc gauche de la tortue, certainement provoqué par une collision à grande vitesse avec un engin flottant (bateau ou jet ski) et à l'origine du décès de la tortue. L'estomac de la tortue est pleine d'algues rouges, ce qui confirme la mort violente de la tortue.

Cet évènement rappelle que les chocs avec les bateaux ou les blessures par les hélices sont la seconde cause de mortalité des tortues marines à La Réunion.
C'est pourtant une cause qui peut être évitée facilement en prenant conscience que l'océan n'est pas désert. Réduire sa vitesse prés des côtes et en permanence surveiller sa trajectoire permet d'éviter les collisions avec les tortues.

Les tortues comme les mammifères marins, doivent régulièrement remonter en surface pour respirer. Il leur arrive également de dormir en surface pour se chauffer au soleil. Elles sont alors vulnérables et peuvent être percutées par les engins rapides.

Les tortues marines sont des espèces protégées, classées sur la liste rouge locale de l'IUCN, car les populations - si elles montrent des signes d'accroissement depuis quelques années - restent néanmoins trés faibles et trés en de ça de ce qu'elles étaient avant l'arrivée de l'homme.

Alors que les activités nautiques se développent à la Réunion, chacun doit prendre conscience que la préservation des tortues marines est l'affaire de tous.


Elisée - juin 2011

Alertés par le poste de MNS de Boucan-Canot, les soigneurs du centre de soins récupèrent un mâle de tortue verte échoué sur la plage. Il présente de profondes entailles sur la carapace, dont une particulièrement profondes. Ces blessures ont été provoquées par une hélice de bateau. La colonne vertébrale n’est heureument pas touchée.

Les consultations chez le vétérinaire ont permis d’enlever une grande quantité de sables accumulés dans la plaie profonde, d’enlever les morceaux d’écailles nécrosés et de consolider la bordure postérieure de la carapace. Il reçoit des soins journaliers avec désinfection locale. après un traitement antibiotique d’un mois, ses plaies commencent à se combler et à cicatriser. Il faudra tout de même attendre plusieurs mois avant une cicatrisation totale des tissus et de la carapace. Mais la tortue présente un défaut de flottaison qui l’empêche de sonder.

Les consultations chez le vétérinaire ont permis d’enlever une grande quantité de sables accumulés dans la plaie profonde, d’enltever les morceaux d’écailles nécrosés et de consolider la bordure postérieure de la carapace. Il reçoit des soins journaliers avec désinfection locale. après un traitement antibiotique d’un mois, ses plaies commencent à se combler et à cicatriser. Il faudra tout de même attendre plusieurs mois avant une cicatrisation totale des tissus et de la carapace. Mais la tortue présente un défaut de flottaison qui l’empêche de sonder.


Parvati - juin 2010

Grace au partenariat avec les pêcheurs, plus en plus de tortues caouannes, victimes de pêche accidentelle, sont ramenées au Centre de Soins. Parvati, une tortue caouanne de 24 kg, est l’une d’entre elles. Arrivée le 5 juin 2010, elle saignait du bec et une intervention d’urgence est programmée. L’hémorragie résultait d’une perforation de la bronche gauche par l’hameçon.

L’opération a permis d’arrêter les saignements et de retirer l’hameçon. Parvati sera conservée en convalescence au Centre de Soins, avant d’être relâchée en mer équipée d’une balise Argos qui permettra de suivre ses déplacements et son comportement de plongée.


Bébés tortues vertes - mars 2010

Grâce à la découverte d’un nouveau-né de tortue verte qui regagnait la mer, sur une plage du Cap Lahoussaye, un nid de tortue verte a pu être localisé. L’étude du nid montre que sur 112 oeufs pondus, 8 ne sont pas arrivés à terme, 53 embryons, à terme, ont été retrouvées morts dans le nids, 27 tortues ont été récupérées au fond du nid, et 18 tortues nouveaux-nés ont rejoints naturellement la mer. Les 6 tortues découvertes dans la colonne de sable ont rejoint la mer.

Les 27 bébés trouvés au fond du nid présentaient de nombreuses lésions et des malformations de carapace. Ils ont été ramenés au Centre de soins de Kélonia. Après 48h, une dizaine de bébés n’ont pas survécu à leurs lésions. Après plusieurs semaines de traitement antibiotique et de désinfection locale, les bébés survivants ont guéri de leurs lésions et les malformations ont disparu. 5 tortues ont déjà pu être relâchées. Les autres seront conservées en bassin jusqu’au début de l’été.


Déplacement d’un nid menacé par la houle cyclonique - février/mars 2007

Le 27 janvier 2007 des traces de montées de tortue sont signalées sur une plage de l’ouest de La Réunion. Les scientifiques de Kélonia et Ifremer se rendent sur place et observent 3 traces de montée et une ponte.

Le 23 février Météo France diffuse un avis de forte houle accompagnant le cyclone Gamede sur le littoral Ouest. Le nid doit être déplacé pour éviter sa destruction.

Le 20 mars, 40 bébés tortues émergent du sable et sont relâchés sur la plage.


Capture accidentelle - novembre 2006

Le 30 novembre 2006, une tortue olivâtre est ramenée par des pêcheurs l’ayant capturée accidentellement au large de La Réunion (21 03 Sud, 54 53 Est). La radio montre que l’hameçon est planté en arrière de la cavité buccale. Une intervention sous anesthésie est pratiquée pour le retirer. 3 semaines plus tard, la tortue se nourrit et ses lésions cicatrisent, mais elle a perdu 10% de son poids et doit les récupérer.


Restes d’un filet de pêche - novembre 2006

Le 4 novembre 2006, une jeune tortue franche est récupérée par un bateau de pêche au gros, piégée avec une autre tortue dans les restes d’un filet de pêche (21 09 376 Sud, 55 10 810 Est). Les deux tortues sont libérées. La plus petite affaiblie, présente des lésions, elle est conduite à Kélonia pour y être soignée. La tortue se nourrit et ses lésions sont peu profondes. Elle est gardée en soins le temps de cicatriser et reprendre du poids.


Débris de plastique - octobre 2006

Le 26 octobre 2006, un pêcheur de l’Étang-Salé repère une tortue flottant en surface. La tortue est affaiblie et présente des lésions sur la carapace. Il prévient l’Aquarium de La Réunion qui transmet l’information à Kélonia. Les lésions sur la carapace et le plastron sont anciennes, mais la tortue ne se nourrit pas. Elle est mise sous antibiotique et nourrit manuellement avec un composé riche en vitamine. Cependant, la tortue continue de s’affaiblir et meurt le 3 décembre. L’autopsie montre 250g de débris de plastique dans l'estomac de la tortue.


Capture accidentelle - août 2006

Le 14 août 2006, le Vetyver de la Compagnie SOPESUD, ramène une tortue caouanne de 43,8 kg capturée accidentellement sur une long-line. La radio montre que l’hameçon est planté profondément dans la gorge. Une opération est réalisée au cabinet vétérinaire de l’Hermitage pour retirer l’hameçon après une incision à la limite du plastron. La tortue décédera le lendemain de l’intervention.