Les Actus de Kélonia - 2017

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PROTÉGEONS LES TORTUES DE L'ÎLE MAURICE

Du 30 janvier au 3 février, des représentants du comité "Tortues marines de l'île Maurice" étaient en formation à Kélonia.

L'échange financé par la Commission Océan Indien a notamment permis de partager les méthodes d'étude et de protection des tortues marines en place à La Réunion. Ces méthodes pourront directement être mises en œuvre sur l'île sœur dans le cadre du projet multi-partenarial "Marine turtles of Mauritius".

L'équipe était composée de :

  • Shakti Teker, de la Mauritius Marine Conservation Society (MMCS)
  • Céline Miternique, de l'ONG Reef Conservation
  • Sydney Perrine, de l'ONG Eco-Sud
  • Sundy Ramah, du ministère de la pêche
  • Amit Jheengut, du ministère de l'environnement

Une grosse tortue verte à la carapace très abimée 

Sur cette tortue verte adulte croisée entre Boucan Canot et le Cap La Houssaye, on distingue nettement les cicatrices caractéristiques d'une blessure causée par une hélice de bateau.

Ces blessures par hélice sont la seconde cause de mortalité des tortues marines à La Réunion. Elles concernent principalement les tortues adultes, ce qui pénalise énormément le renouvellement des populations. Les tortues atteignent leur maturité sexuelle après 15 à 30 ans de vie.

Ces collisions avec les navires interviennent lorsque les tortues sont en surface pour respirer ou se réchauffer au soleil. Mais également lors des accouplements : la femelle est alors la seule à nager, le mâle étant agrippé à sa carapace, ce qui ralentit la réactivité et la vitesse de déplacement du couple.

Lorsqu'on navigue sur nos côtes, il faut donc en permanence surveiller l’avant de son bateau et réduire sa vitesse sur les bas-fonds de 0 à 50 m où les tortues sont nombreuses…


Toujours plus de plastique ingéré !!!

Joseph Dando, élève ingénieur en stage à Kélonia, a présenté les résultats de son étude sur l’impact des déchets plastiques sur les tortues marines, ainsi que sur la relation entre cette pollution et les lésions observées sur les écailles de 100% des tortues caouannes accueillies au Centre de soins.

Cette étude a été menée à partir des données recueillies par le Centre de soins de Kélonia. Elle montre que, depuis 2007 :

  • le nombre de tortues accueillies au Centre de soins est en constante augmentation.
  • le pourcentage de tortues ayant ingéré des débris plastiques est passé de 36% à 90% (97% pour les tortues caouannes).
  • la quantité moyenne de déchets ingérés a plus que doublé pour atteindre 22g en moyenne.

En revanche, les résultats ne montrent pas de corrélation entre la présence de plastique et les lésions des écailles.

Aussi les recherches ont été ré-orientées vers l’analyse des muscles et des graisses pour la mise en évidence de certains polluants qui pourraient s’accumuler dans les tissus et entraîner l’apparition à plus long terme des lésions observées sur les écailles. Ces polluants pourraient être présents dans certains plastiques ingérés par les tortues…


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